LA CELLULE TERRESTRE

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Première équipe d'archéologue
Le service archéologique du musée en 1984 avec de gauche à droite Jean Piton, Claude Sintes et Jacques Bremond, MDAA © M. Lacanaud
Le service archéologique du musée en 1984 avec de gauche à droite Jean Piton, Claude Sintes et Jacques Bremond, MDAA © M. Lacanaud
Jean-Maurice Rouquette
Jean-Maurice Rouquette, MDAA © DR
Jean-Maurice Rouquette, MDAA © DR
Musée
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Musée
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Une première génération d’archéologues « terrestres » (Jacques Brémond, Marc Heijmans, Jacques Latour, Jean Piton, Claude Sintès…, à la suite de Fernand Benoit, puis Jean-Maurice Rouquette, conservateurs des musées d’Arles) a réalisé les premières observations archéologiques, les suivis de travaux urbains, les fouilles de sauvetage… C’est grâce à eux, et grâce aussi à l’implication d’équipes souvent bénévoles, que l’on comprend mieux aujourd’hui l’évolution urbaine d’Arles à l’époque romaine et la place majeure qu’elle a occupé durant l’Antiquité… L’activité très dense déployée pendant plusieurs décennies a aussi permis au musée de voir croître ses collections grâce à l’apport d’une documentation de première main – archives de fouilles et biens archéologiques mobiliers – conservés aujourd’hui au musée.

Parmi les chantiers importants dirigés par le service archéologique arlésien, mentionnons la fouille du Cimetière de Trinquetaille, celle du Jardin d’Hiver, celle de la Verrerie (également à Trinquetaille), ou encore la fouille du cirque (entre 1974 et 1991) qui a précédé la construction de l’actuel musée, et dont on peut encore voir des vestiges, au pied du parvis du MDAA.

Dans certains cas, les fouilles avaient un caractère d’urgence (en raison de projets de constructions), c’est le cas par exemple de celles de la Verrerie qui se sont déroulées à plusieurs reprises, dans les années 1980 puis 1990.

C’est d’ailleurs sur ce terrain déjà partiellement exploré que l’équipe actuelle s’investit à partir de 2013-2014, alors que le projet qui a amené le chaland Arles-Rhône 3 dans l’extension du musée vient à peine de s’achever.

Le site de la Verrerie en cours de fouille, 2017
Le site de la Verrerie en cours de fouille, 2017, MDAA ©Marie-Pierre Rothé
Le site de la Verrerie en cours de fouille, 2017, MDAA ©Marie-Pierre Rothé

Le site de la Verrerie en rive droite du Rhône

En 1982-1984, les archéologues fouillent un quartier résidentiel de la fin du IIe s. de notre ère, abandonné vers 260 à la suite d'un incendie. Quatre riches maisons urbaines (ou domus) sont identifiées.

Afin de préserver les mosaïques mises au jour, cinq d'entre elles ont été déposées entre 1988 et 1992 puis restaurées en vue de leur intégration dans les collections permanentes du MDAA. Les mosaïques d'Aiôn et de Méduse sont aujourd'hui des pièces maîtresses du musée.

En 2013, dans le cadre d'un chantier d'insertion mis en place par la municipalité, le service archéologique du musée réalise le suivi du nettoyage et du remblaiement du site. Mais grâce à un sondage réalisé par les archéologues, l’opération devient une opération programmée, à la suite de découvertes majeures : celle notamment de peintures murales du Ier s. avant notre ère, d’une très grande qualité d’exécution. Cette opération d’envergure est dirigée par Marie-Pierre Rothé, avec la collaboration d’Alain Genot, et l’implication sur le terrain de nombreux bénévoles arlésiens. Poursuivie jusqu’en 2017 elle a permis de fouiller des niveaux encore jamais atteints dans ce quartier. Ainsi une demeure datant de 70/50 avant notre ère, baptisée la maison de la Harpiste, se distingue par sa datation précoce, son caractère luxueux et l’état de conservation de ses enduits peints. Ces derniers se rapprochent des peintures de deuxième style pompéien découvertes en Italie, par exemple à Rome et à Pompéi, et constituent l’ensemble de ce type le mieux préservé en France.

Ces découvertes exceptionnelles renouvellent nos connaissances sur Arles antique, les bouleversent même, puisqu’à travers ce quartier urbain antérieur à la colonie romaine, on voit que l’idée d’une « romanisation » qui débuterait modestement à Arles est fausse.