

L’ACTIVITÉ DES PORTS D’ARLES, FOS ET MARSEILLE


Les ports d'Arles, Fos et Marseille à l’aube du Moyen Âge (VIIe-IXe s.)
La déficience des sources historiques concernant les régions méridionales de l’espace Franc, comme leur confrontation trop tardive à la documentation des territoires de l’Islam méditerranéen, a longuement cimenté un constat d’impuissance et forgé dans notre façon de concevoir l’économie maritime de cette période, la conviction qu’à l’ouest du golfe de Syrte, ce qui avait subsisté du vieux régime de l’intercourse méditerranéenne ne tenait plus sur l’horizon qu’à quelques voiles, dont la plupart auraient croisé au large des côtes provençales et languedociennes sans jamais y aborder.
Les ports d’Arles et de Marseille demeurent eux-mêmes bien énigmatiques dans leur apparence, à tel point que la survie de leur activité a longuement été débattue par les historiens et les archéologues. Les avancées réalisées depuis une trentaine d’années concernant la chronologie et l’origine de certains marqueurs économiques, tels que les amphores, suggèrent que les échanges entre le monde Franc et la Méditerranée, via Marseille, Fos et Arles ne paraissent pas avoir connu d’interruption radicale entre le VIIe et le IXe s.
Il y eut sans conteste durant toute cette période, comme durant les derniers siècles du Moyen Âge, une activité en ligne brisée, faite de contractions et d’éclaircies rémittentes. On notera qu’au milieu du IXe s., les routes empruntées par les marchands d’esclaves entre le pays de Firandja et Péluse, en Egypte, restituent en définitive un tracé que l’on pensait effacé depuis près de deux cents ans.
Par Jean-Christophe Treglia, archéologue (CIHAM UMR 5648-CNRS).
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